Archives for avril 2016

Le G5 Sahel face à la problématique de la Jeunesse

Les Experts élaborent une Feuille de route pour les Ministres

Le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne, M. Mahamane BABY, a présidé ce matin, à l’hôtel Radisson Blu de Bamako, la cérémonie d’ouverture des travaux des Experts, en prélude à la session ministérielle qui est prévue le 28 avril 2016.

Le Ministre BABY avait à ses côtés, pour cette circonstance, le Secrétaire permanent du G5 Sahel en la personne de M. Najim Elhadj MOHAMED.

Selon ce dernier, cette réunion est destinée à formuler une Stratégie Intégrée devant créer les conditions de l’épanouissement et du développement de notre Jeunesse dont la problématique demeure un des principaux sujets de préoccupation de nos Chefs d’Etat.

Aussi, le Secrétaire permanent a-t-il invité les Experts à faire un diagnostic sans complaisance des nombreux défis auxquels sont confrontés les jeunes des pays membres du G5 Sahel et qui ont pour noms entre autres : pauvreté, chômage massif et endémique, croissance démographique rapide, analphabétisme, ignorance, effets néfastes du changement climatique, sida, alcoolisme, consommation de drogue, migration irrégulière.

Le tout récent et le plus pernicieux d’entre eux est incontestablement le terrorisme caractérisé par la montée de la radicalisation à travers l’intégrisme religieux et l’extrémisme violent, dont les jeunes sont malheureusement non seulement les premières victimes, mais aussi les acteurs, a déploré M. Najim Elhadj MOHAMED.

« Tous ces défis, certes nombreux, ne sont pas insurmontables et ne doivent pas continuer à nous laisser indifférents », s’est-il montré optimiste même s’ils sont de nature à appeler plus que jamais sur la nécessité de mener des actions concertées par la conjugaison de toutes les ressources pour des solutions pratiques et durables à la problématique de la Jeunesse du Sahel en particulier.

« En tant qu’experts, je voudrais vous inviter à mettre vos capacités et vos connaissances à la disposition de notre jeunesse afin qu’elle s’approprie les opportunités offertes par le Sahel pour véhiculer les idéaux de paix, de sécurité et de développement », a exhorté, pour sa part, le Ministre BABY qui demeure convaincu que leurs suggestions et recommandations contribueront, à n’en point douter, à la prise de décisions permettant à la Jeunesse dudit espace de se promouvoir et de se développer ensemble dans un monde paisible et prospère.

Ces suggestions et recommandations seront issues de l’examen des documents qui portent, entre autres, sur le diagnostic des problèmes qui se posent à la jeunesse du G5/Sahel et l’état des lieux des politiques, stratégies et solutions mises en œuvre dans les différents pays en matière de promotion de la jeunesse ; la validation des termes de référence d’une étude portant sur l’élaboration d’une stratégie Intégrée assortie d’un plan d’actions de la jeunesse des pays du G5/Sahel ; la mise en place d’un comité de pilotage de la stratégie intégrée de la jeunesse des pays du G5/Sahel et le chronogramme de mise en œuvre des décisions et recommandations.

Source : CCOM MEFPJCC

Crise du nord : L’Armée se défend des accusations de l’association “Kawral poulakou”

L’association “Kawral poulakou” (l’union des Peuls, en langue pulaar) a accusé dimanche l’armée et des milices de tuer et arrêter “injustement” des civils peuls pris pour des jihadistes,. Des accusations rejetées en bloc par l’Armée.
“Des milices formées par des jeunes de villages du Centre du Mali et l’armée malienne font l’amalgame et arrêtent ou tuent des Peuls pris pour des jihadistes. Ces dernières semaines, plus de quinze civils peuls ont été tués comme ça”, a déclaré dimanche à la presse Oumar Aldjana, un responsable de l’association “Kawral poulakou” (l’union des Peuls, en langue pulaar), qui revendique plusieurs milliers de membres.
Une dizaine de civils peuls, “injustement” accusés d’être des jihadistes, ont également été arrêtés ces dernières semaines dans le Centre du Mali, a dit M. Aldjana lors d’une conférence de presse.

“On prend parfois tous les Peuls pour des jihadistes, mais c’est faux. Il ne faut pas faire d’amalgame. Nous sommes fiers d’être des Maliens mais nous sommes aussi fiers d’être Peuls”.
“Sur les cas de tueries de civils peuls, je n’ai aucun élément pour répondre mais j’insiste : notre armée est respectueuse des droits de l’homme. Donc, je ne confirme pas ces tueries”, a répondu à l’AFP une source militaire, demandant à ne pas être citée nommément.
L’association “Kawral poulakou” affirme par ailleurs soutenir l’accord d’Alger, pour le retour de la paix dans le nord du Mali, signé en mai-juin 2015 entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg.
Elle s’est engagée à travailler au retour “au sein de la République” du Mali de certains jeunes peuls qui ont intégré les rangs des islamistes du “Front de libération du Macina” (FLM).
Le FLM, un groupe basé dans le centre du Mali, apparu début 2015, est dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul.
Le FLM est allié au groupe jihadiste malien du nord du pays Ansar Dine. Ces deux groupes revendiquent régulièrement des attaques dans le Nord et le Centre.

Source: L’Indicateur du Renouveau

Géostratégie: Le Mali, victime de ses richesses pétrolière et gazière !

Dans cette analyse, l’universitaire idéologue du néo capitalisme français, Aymeric Chauprade, met en exergue les visées économiques derrière le discours machiavélique de la France dans la crise politique et sécuritaire qui secoue le Mali depuis 2012. Il parle aussi de la confrontation franco-qatarie d’une part et franco-américaine de l’autre au sujet du contrôle des puits de pétrole, du gaz et de l’or au Mali.
Dans ses confessions sur RFI, dans l’émission « Archives d’Afrique » animée par Alain Foka, le défunt ex-secrétaire général de l’ONU, l’égyptien Boutros Boutros Ghaly, disait qu’en venant à la tête de cette grosse machine administrative, il caressait le rêve de la réformer pour l’adapter au nouvel environnement politique mondial. Mais, très vite il déchanta. Il s’était heurté à l’immobilisme des grandes puissances, notamment les Etats-Unis. Celles-ci sont hostiles à tout changement suspect de remettre en cause l’ordre mondial, notamment le système d’organisation de l’économie mondiale, qui est le fruit des clauses de la conférence de Berlin, qui a décidé de la clé de répartition des terres du monde ainsi que les ressources minières, halieutiques et agricoles. Là où les deux grandes guerres mondiales avec toutes ses atrocités n’ont pas réussi à changer ces paradigmes, ce n’est pas un « petit » secrétaire général, fut-il des Nations qui va bousculer ces grands équilibres avec ses idées révolutionnaires. Cette leçon a semblé été ignorée par le Mali sous le président Amadou Toumani Touré, qui a cru contourner les Français pour se refugier derrière les Américains et les Chinois. En oubliant que les grandes puissances ont des intérêts communs. Pour preuve, Nicolas Sarkozy, certes descendant d’immigré, mais en sa qualité de président de la République Française, a soldé son compte à ATT, lorsque l’occasion s’est présentée. Comme pour lui rappeler qu’on ne contourne pas la France impunément.
C’est ce que l’universitaire Aymeric Chauprade, nous enseigne dans une tribune publiée le 7 février 2013 sur son site d’information 3w.reapolitik. tv/2013/ sous le titre « Crise du Mali, troisième partie : les intérêts pétroliers ». Dans cet article, le professeur de géopolitique et directeur de la Revue française de géopolitique et du site cité dessus justifie par des arguments économiques les raisons de la guerre au Mali et le rôle de sapeur pyromane joué dans l’obscurité par la France pour s’emparer de la totalité de l’économie de son ancienne colonie rebelle.
Selon lui, le Mali possède 5 bassins sédimentaires dont le potentiel pétrolifère est avéré. Il s’agit du bassin de Taoudéni (au nord et vers la frontière mauritanienne) : 600 000 km2 pour le seul Mali sur 1,5 million de km2 partagés entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie, le Niger. Schistes riches en matière organique. Il serait comparable au bassin Illizi en Algérie. Il y’a aussi le fossé (ou graben) de Gao : 15 000 km2, un seul puits à l’heure actuelle, les bassins contigus de Iullemeden et Tasmera (à l’Est et frontalier avec le Niger), 80 000 km2 deux puits à l’heure actuelle, comparable au bassin de Doha au Tchad ou aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie, fossé de Nara au centre, près de Mopti, également comparable au bassin Crétacé de Doha au Tchad soit aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.
En référence à des documents produits par l’Autorité pour la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP), Aymeric Chauprade soutient que le sous-sol du pays est potentiellement riche en gaz et le pétrole. Le directeur Afrique du nord de Total, Jean François Arrichi de Casanova confirme cette hypothèse. Lui va très loin en qualifiant le Mali comme un « nouvel eldorado pétrolier à propos de la zone Mauritanie/Mali/Niger ». Parmi ces trois, seul le Mali garde son sous-sol sous exploité. Pour l’instant, Total est surtout présent chez le voisin mauritanien.

90% de part pour la France contre 10% pour la Mauritanie
La multinationale d’origine française est présente dans l’exploitation sur le permis Ta7 et Ta8 de la partie mauritanienne du bassin de Taoudeni mais en partage avec les Algériens et les Qataris. Total possède 60%, la Sonatrach (Algérie) 20% et Qatar Pétrolium International 19%. S’agissant du permis Ta8, le forage du puits d’exploitation sismique est en cours depuis 2011. L’exploitation on-shore s’est étendue avec un nouvel accord en janvier 2012, entre Total et le gouvernement mauritanien. Cet accord donne à Total une participation de 90% en tant qu’opérateur sur le bloc Ta 29 situé dans le désert du Sahara, à 1000 km à l’Est de Nouakchott et au Nord du bloc Ta7. Les 10% restants sont entre les mains de la SMH, la compagnie nationale mauritanienne.
Les intérêts de Total dans la zone ne se limitent pas à l’on-shore. Ils portent aussi sur l’off-shore : accord Total/gouvernement mauritanien de décembre 2011 pour le bloc off-shore C7 (bassin côtier) ; accord Total/gouvernement mauritanien de janvier 2012 pour le bloc C9 (Total 90%, SMH 10%) situé à 140 km à l’ouest des cotes mauritaniennes et qui s’étend sur plus de 10 000 km2 par 2500 à 3000 m de fond.
Signalons à l’attention de ceux qui pourraient, un peu trop rapidement être choqués par un partage 90/10 entre Total et la SMH, que l’exploitation nécessite des investissements colossaux que seul Total peut amener. Il faut bien comprendre que la chute du régime de Kadhafi ouvre, dans toute l’Afrique du Nord et au Sahel en particulier, la perspective d’une vaste redistribution des cartes en matière pétrolière et gazière.
S’agissant du Mali et de la Mauritanie, Total, la Sonatrach algérienne et la compagnie Qatarie ont des intérêts à la fois communs et rivaux. La capacité de ces compagnies à peser sur les gouvernements africains concernés sera en effet d’autant plus forte que l’influence de leurs Etats d’apprentissage sera grande. Il est essentiel de comprendre que la distribution des blocs et des parts relatives à l’exploitation des blocs, est intimement liée aux rapports de force géopolitiques entre la France, l’Algérie et le Qatar.

L’or désormais comme valeur de change
Le Mali est troisième producteur d’or du continent africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. En 2011, il a produit 56 tonnes d’or sur une production minière mondiale d’or qui oscille selon les années entre 2000 et 2500 tonnes. Le classement en 2011 en termes de production annuelle et réserves prouvées se présente comme suit : 1erChine avec 355 t/1900 (en 2007 la Chine est passée devant l’Afrique du Sud) ; 2ème Australie : 270 t/7400 ; 3èmeEtats-Unis : 237 t/3000 ; 4ème Russie : 200 t/5000 ; 5ème Afrique du Sud : 190 t/6000 ; 6ème Pérou : 150 t/2000 ; 7ème Canada : 110 t/920 ; 8ème Ghana : 100 t/1400 ; 9ème Indonésie : 100 t/3000 ; 10ème Ouzbékistan : 90 t/1700.
Le Mali est très promoteur dans ce domaine et devrait bientôt dépasser le Ghana devenant alors le 2èmeproducteur du continent africain. En outre en 2011, le Mali entre le cercle restreint des producteurs de minerai de fer (exploitation de Tienfala). Il dispose également d’un potentiel élevé en manganèse, dont l’exploitation avait commencé en 2010. Le Mali produit aussi du phosphate. Les réserves de bauxite sont estimées à 1,2 million de tonnes et pourront être exploitées dans un futur proche. Un potentiel en lithium, diamant, kaolin et pierres gemmes est également identifié, sans compter bien sûr l’uranium.
Mais, de toutes ces ressources, l’enjeu lié à l’or est encore plus grand. Et pour cause : le contexte de dépréciation des grandes monnaies mondiales comme le Dollar et l’Euro est en train de changer les regards sur l’or. Selon lui, les banques centrales comme de nombreux opérateurs financiers sont en train d’assurer leur avenir en achetant de l’or physique. L’Allemagne a pris la décision historique de rapatrier une partie de ses stocks d’or physiques détenus à New York, Londres et Paris et de très nombreux pays font de même. La Suisse est maintenant, après l’Allemagne, touchée par le mouvement the « Swiss Gold Initiative », initiative lancée par 4 membres du Parlement suisse en mars 2012 visant à exiger le rapatriement de l’or de la BNS (Banque nationale Suisse) laquelle refuse d’indiquer dans quel(s) pays se trouve son stock d’or.
Un exemple récent (et ils se multiplient presque chaque semaine) : le Fonds d’Etat pétrolier de l’Azerbaïjan (SOFAZ) a retiré une tonne de son or physique des coffres de J. P Morgan à Londres pour placer dans les coffres sécurisées de la Banque centrale de Bakou.
Tout le monde est en train de réaliser que le banquier anglo-saxon a tout simplement vendu ou « joué » l’or que des Etats et fonds souverain leur avaient confié. Washington et Londres ont déjà annoncé qu’il leur faudrait 7 ans pour restituer à l’Allemagne son or. La France aussi selon lui, qui semble être la plus honnête des trois pour avoir annoncé aux Allemands qu’elle va très bientôt lui restituer ses lingots, a elle aussi semblé avoir vendu l’or allemand tout comme les Américains et les Anglais. Aux Etats-Unis même, la FED refuse d’apporter la preuve que l’or américain existe encore ! Que peut-il bien être alors de l’or allemand confié aux Etats-Unis ? L’or n’y est probablement plus, comme soutient le GATA (Gold Anti-Trust Action Committee). Car, il aura été prêté aux banques d’affaires et vendu sur les marchés afin de maintenir les cours sous pression et de sauver la confiance dans l’argent papier. Les mauvaises langues insinuent que les Etats-Unis et la France pourraient se servir dans les d’or du Mali où il sera facile d’opérer à l’abri du monde.

Le Qatar de plus en plus actif dans le monde
Selon Aymeric Chauprade, le Qatar porte une responsabilité dans les révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye (il a financé les islamistes de Cyrénaïque à l’origine du déclenchement de la révolution avant que les militaires qataris ne jouent au sol eux-mêmes un rôle opérationnel actif, au sol, auprès des forces spéciales occidentales), de Syrie (il finance les rebelles islamistes tout comme l’Arabie Saoudite, la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis).
Au Mali, insiste t-il, l’action du Qatar est également prouvée où l’émirat aurait directement financé les groupes Mujao et Ansar Dine (tandis qu’AQMI est faux-nez des services secrets algériens) et son influence se dissimule derrière l’action opérationnelle du Croissant rouge qatari. Au nom de laquelle, un avion cargo qatarie avait atterri à Gao le 6 avril 2012 pour y livrer des armes et des stupéfiants aux rebelles touarègues. Ce jour-là, un Comité d’accueil sous la direction d’Iyad Ag Ghali, leader touareg du mouvement salafiste Ansar Dine qui contrôlait en ce moment Tombouctou et Kidal, attendait au bas de la passerelle les accompagnateurs des marchandises précieuses. Est-il besoin de rappeler que l’ancien consul du Mali à Djeddah (mais menacé d’expulsion par les Saoudiens en 2010 sans doute récupéré par les Qataris eux-mêmes farouches ennemis des Saoudiens) avait profité d’années d’activité dans la diplomatie malienne dans le Golf pour développer des connexions islamistes, qui lui valent ce qui lui vaut aujourd’hui.
Rappelons qu’en son temps, les médias maliens avaient largement dénoncé cette connexion sans que cela n’émeuve personne, même les Nations Unies. Qui s’étaient mu dans un silence radio assez suspect. Le cri de détresse des médias maliens visaient attiré l’attention des décideurs du monde sur les effets nuisibles de cette livraison sur le cours des évènements. Car, il est connu de tous les spécialistes que la drogue est une source de revenu essentielle des rebellions dans le monde et ce sont des services secrets étatiques qui fournissent souvent directement aux seigneurs de la guerre et aux mafieux. Certains pays savent en recycler leurs saisies policières et douanières en outil de financement des guerres occultes aux mains des services secrets.
Auparavant, après la prise du camp de Tessalit par le MNLA appuyé par ses complices islamistes, le 10 mars 2012, un avion cargo du Qatar avait atterri sur la piste du camp pour y livrer aux rebelles une quantité importante d’armes modernes, des munitions et des 4/4. Selon l’universitaire français, le Qatar a tout fait pour favoriser la rébellion au Nord de notre pays par de multiples soutiens à Ansar Dine.
Le Qatar, qui joue un rôle important dans la nouvelle donne pétrolière et gazière en Libye, veut étendre son influence dans le Sahel (Mauritanie et Mali) en utilisant les groupes islamistes à cet effet.
La vision stratégique qui sous-tend ces actions est que le Qatar détient environ 15% des réserves prouvées de gaz. Avec la Russie et l’Iran, ils détiennent à eux trois 60% des réserves prouvées dans le monde. En essayant d’étendre son empire sur le Moyen-Orient (Syrie) et sur le Sahara (Lybie, Sahel et demain l’Algérie sur laquelle plane la menace d’une révolution arabe soutenue par Doha) le Qatar de concert avec les Etats-Unis veut couper l’Europe de la Russie (principal fournisseur de gaz des Européens) et remplacer Moscou par Alger, a expliqué Aymeric Chauprade.
Selon lui, les investissements du Qatar dans les actifs stratégiques français vont dans le même sens. En s’appuyant sur l’islam en France, en contrôlant des parts croissantes d’actifs stratégiques, le Qatar veut pouvoir influer sur la décision politique française (ce qui s’est passé entre l’émir du Qatar et le président Sarkozy laisse hélas présager ce qui pourrait se passer demain lorsque de nombreux parlementaires français seront mis sous influence). Cela pourra mener à renforcer un lobbying actif pour faire sortir la France du nucléaire et pousser celle-ci à aller davantage encore vers le gaz (car évidemment les énergies renouvelables ne peuvent être que des composantes minoritaires dans un mix énergétique).

La guerre des intérêts américaino-français
Après le 11 septembre 2001, sous prétexte de lutter contre le terroriste islamique, les Américains ont augmenté leurs efforts d’implantation sur le continent africain, en particulier dans les zones d’influence traditionnelles de la France. Depuis 2002, 1700 soldats américains sont basés à Djibouti, point d’implantation historique de la France. Depuis 2003, les Américains ont développé avec les pays de la frange saharienne la PSI (Pan Sahel Initiative) un programme d’assistance militaire aux pays sahéliens, qui concerna au départ le Tchad (où la France est pourtant présente militairement) le Mali, la Mauritanie et le Niger, avant de s’étendre en 2005 au Maroc et au Nigéria pour devenir la TSCTI (Trans Saharan Counter Terrorism Initiative). En décembre 2008, les Américains ont créé un commandement stratégique dédié à l’Afrique (à l’exception de l’Egypte qui reste attachée au CENTCOM, le commandement en charge des opérations au Moyen-Orient) en détachant cette zone de leur commandement, européen Eurcom. Cependant, aucun pays africain pays n’ayant accepté d’accueillir ce commandement, AFRICOM reste à Stuttgart en Allemagne.
Selon Aymeric Chauprade, la raison profonde de cet intérêt américain pour l’Afrique n’est pas le terrorisme mais le pétrole et le gaz. L’Afrique pèse plus aujourd’hui dans les importations pétrolières américaines que l’Arabie Saoudite. Un quart des importations de pétrole américaines viennent d’Afrique, du Golf de la Guinée (Nigéria et Angola mais aussi de la Guinée Equatoriale) et les Américains ont aussi des ambitions en Afrique sahélienne. Chose que la France voit d’un mauvais œil.
Si l’on réfère aux commentaires de l’universitaire Aymeric Chauprade. Selon lui, le résultat attendu de la coopération militaire américaine au Mali est implacable. D’abord les Américains ont formé des Touarègues qui ont ensuite déserté l’armée malienne pour rejoindre le MNLA et Ansar Dine et participé à la guerre contre l’Etat malien. Comme si cela ne suffisait ce sont les officiers noirs formés par les américains, notamment le capitaine Amadou Haya Sanogo qui vont renverser, en mars 2012, le président Amadou Toumani Touré et créer l’anarchie dans le pays, se moquait-il ainsi du général Carter Ham qui dirige AFRICOM. « Il a beau s’être déclaré déçu du comportement des officiers formés par les Etats-Unis, le fait est que tous ses élèves ont tenté de détruire l’Etat malien et ce qui restait de l’influence française. », dit-il en occultant la main facilitatrice de la France. Qui a le don de manipuler certaines familles touarègues contre l’Etat du Mali.
En conclusion, Aymeric Chauprade dit ceci « cela fait dix ans maintenant que nous écrivions qu’au nom de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, les Américains sont en train d’évincer la France de la zone et de faire main basse sur les réserves pétrolières, gazières et minérales. Pendant que je prêchais dans le désert, des communicants acquis aux intérêts américains expliquaient doctement sur les plateaux de télévision française que les Etats-Unis n’avaient d’autre ambition que de faire reculer le terrorisme et développer la démocratie. Que seule « l’odieuse Franceafrique » avait des intérêts égoïstes sur le continent noir… Qu’il fallait aussi avoir très peur de la Chine laquelle allait « avaler tout le monde tout cru ». La réalité est qu’une fois de plus, la politique américaine converge avec celle de l’islam radical. » Ce commentaire de cet autre idéologue de la théorie de la guerre comme moyen d’expropriation des peuples de faible niveau technologie en dit long sur les réelles intentions de la France au Mali.
Une synthèse de M. A. Diakité
Source: Tjikan

EUCAP invite un magistrat à la formation « Directeur d’enquête »

Le 20 avril, un magistrat de la Cour d’appel de Bamako a été invité à échanger avec un groupe
d’Officiers de Police Judiciaire (OPJ), composé de sept policiers et sept gendarmes. Cette rencontre
était organisée par la mission EUCAP Sahel Mali dans le cadre d’une formation d’experts « Directeur
d’enquête ».
L’intervention du magistrat Karamoko DIAKITE, Substitut Général près la Cour d’Appel de BAMAKO,
était très appréciée par les stagiaires de la Police Judiciaire (PJ). La Police Judiciaire constitue l’un des
rouages indispensables de la procédure pénale : travaillant sous le contrôle des magistrats, elle est
chargée de la mise en œuvre concrète de l’enquête. Les Officiers de Police Judiciaire peuvent entre
autres constater des infractions, en rechercher des auteurs, rassembler les preuves, préparer des
procès-verbaux. Les personnes spécialement désignées « Directeurs d’enquête » sont chargées de
conduire ces enquêtes de PJ. Les hommes – et une femme – en uniforme composant la classe, ont
posé beaucoup de questions au magistrat Karamoko DIAKITE, et ont partagé quelques difficultés
auxquelles ils font face au quotidien.
« Selon la loi, celui qui a effectué l’acte d’enquête doit signer le procès-verbal », a confirmé le
magistrat. Cette réponse était liée au constat des stagiaires qu’en réalité ce sont les commandants de
brigade ou les commissaires de police qui signent les P.V., et pas les officiers qui accomplissent et
rédigent effectivement les actes. Le manque de capacité matérielle et technique a également été
abordé. Policiers ou gendarmes, inspecteurs ou adjudant-chefs, tous se sont prononcés pour plus de
contact direct avec les procureurs. L’organisation des rencontres entre les OPJ et les Procureurs a été
évoquée.
Le magistrat DIAKITE a fait savoir que ces échanges pourraient participer aux changements
nécessaires pour garantir le bon fonctionnement de la procédure et un renforcement de la chaîne
pénale. Il a qualifié l’échange d’une grande importance : « Je suis content qu’eux-mêmes soient
conscients de leur rôle de directeur d’enquête – y compris leurs droits qui viennent avec – mais ça
nous a aussi permis de savoir que les OPJ ne jouissent pas toujours de la plénitude de leurs
enquêtes », a-t-il ajouté.
A travers les initiatives de ce genre, la mission EUCAP Sahel Mali invite les différents acteurs du
secteur de la sécurité et de la société civile à se rencontrer et à mieux se connaitre. Pour les
formateurs de la mission EUCAP, les échanges parfois passionnés auxquels ils ont assisté à l’occasion
de cette rencontre témoignent de l’engagement professionnel d’un bon nombre de policiers et de
gendarmes, Officiers de Police Judiciaire, de leur volonté de voir le système évoluer vers une
pratique plus moderne de leur métier. Celle qui leur permettrait d’assumer pleinement les
responsabilités que leur confie la loi, faisant d’eux de véritables acteurs de la chaîne pénale,
jouissant d’initiative et bénéficiant de la confiance, tant de leur hiérarchie propre que de l’autorité
judiciaire

3èmes journées scientifiques de Médecine militaire au Mali La Société malienne de la Médecine militaire est née

L’école de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye a abrité les 13, 14 et 15 Avril 2016, les 3èmes journées scientifiques des Services de santé des armées sous le thème : ‘’Prise en charge des blessés et malades de guerre’’.

Le choix de ce thème est d’une actualité vu les évènements survenus ces derniers temps au Mali, dans la sous-région et dans le monde. En outre, cette année dans la seule région militaire de Tombouctou, 88 personnes ont été victimes de blessures de guerre. Dont 51% survenus lors des embuscades, 34% lors des coups de main, 6% par des engins explosifs improvisés et 7% par des accidents de la route.

Cette session, 3ème du genre est organisée par la Direction Centrale des Services de santé des armées (DCSSA). Ils sont 250 agents de santé militaires et civils venus du Mali, du Sénégal, du Niger, du Togo, du Bénin et de la France qui ont pris part à ces assises.

Durant 3 jours les experts militaires du Mali et de la sous-région, en partenariat avec leurs collègues civils, ont apporté leur savoir-faire au tour du thème central ‘’Prise en charge des blessés et de malades de guerre’’ et des sous thèmes comme : ‘’les accidents de la voie publique, l’aptitude, l’expertise des armées, l’hygiène dans les garnisons et hôpitaux, luminoprofelaxie et la chimiothérapie dans les armées.

Le président du Comité scientifique de ces journées, le Général Gangaly Diallo a déclaré que les forces armées du Mali ont plus que jamais besoin de jouer pleinement leur rôle face aux défis actuels tout en notant que malgré les moyens limités de l’armée, les FAMa ainsi que les populations civiles ont besoin que leur santé soit soutenue et maintenue. Il a affirmé que la prise en charge médicale par la santé militaire ne peut et ne doit être orientée que vers des résultats correspondants à ceux de la manière pratique médicale c’est-à-dire ‘’Of Best Medical Pratic’’.

Pour lui, les blessures de guerre ont beaucoup changé avec l’utilisation plus fréquente d’armes explosives et de nombreuses victimes dans la population civile. Ainsi, ces victimes présentent très souvent des lésions étendues, complexes et contaminées qui peuvent évoluer vers des handicaps physiques et psychiques, a-t-il souligné.

Le Général Gangaly a aussi ajouté que les conflits armés en général font aussi des victimes indirectes. Car, l’effort de guerre matériel, économique et personnel entraine chez les populations le plus souvent déplacées, une accentuation de la paupérisation, la malnutrition, la précarité des conditions d’hygiène qui, à leur tour, favorise des maladies.

Quant aux accidents de la voie publique, le Général Diallo a noté qu’ils représentent toujours un véritable problème de santé publique dans le monde et augmentent au cours des affrontements armés. Pour lui, les armes de destructions massives sont utilisées sur les voies routières, aériennes et maritimes qui sont difficiles à sécuriser et continuent à nuire même après les hostilités.

Au cours de ces journées scientifiques, il a annoncé la création très prochaine de la société malienne de médecine militaire. Cette société aura pour but de promouvoir la santé militaire au Mali, mais aussi de participer à l’effort de développement socio-sanitaire du pays. Dans la prise en charge des populations militaires et civiles, elle participera à la formation continue du personnel de santé en général. Cette société travaillera en réseau avec les autres sociétés savantes de par le monde dans le but d’offrir des soins de qualité et adaptés à chaque patients grâce à l’actualisation des connaissances et aux échanges d’expériences. Enfin, le Général Diallo a salué la mémoire de nos soldats tombés sur le champ de l’honneur.

Quant au Directeur Central des Services de Santé des armées, le colonel-major Charles Fau, ces journées permettront de catégoriser nos blessés et d’évaluer la prise en charge dont ils ont bénéficié afin de proposer un schéma plus adéquat et plus efficace de prise en charge des blessés et malades de guerre. Il a ajouté qu’elles permettront également de comparer nos pratiques avec celles qui se passent ailleurs sous d’autres cieux.

Il a profité de l’occasion pour remercier les représentants du Sénégal, du Niger, du Togo et de la France qui ont bien voulu honorer de leurs présences ces journées, mais aussi pour la production de leurs communications scientifiques. Pour lui, force est de constater qu’elle est limitée dans ses actions par la faiblesse de ses moyens (absence d’hôpital militaire, absence de moyens adaptés, plateaux techniques obsolètes au niveau de certains infirmeries de garnison).

Le colonel-major Charles Fau a rappelé que le dernier recrutement de spécialistes opérant 2014 et dont les premiers ont pris fonction en début d’année a donné du sang neuf à notre armée. Il a remercié le Directeur des Finances et du Materiel des armées pour l’installation de ces nouveaux médecins dans nos différentes infirmeries de garnison. Il a souligné l’absence de crédit alloué à la DCSSA pour la recherche technique. Le Colonel Major Charles Fau a aussi appelé à la promotion de la recherche dans les armées et services pour aider à un développement humain durable de notre pays. Il a affirmé que la tenue de ces journées scientifiques est un véritable outil d’incitation à la recherche.

Selon lui, ces journées représentent un excellent outil de renforcement de capacités du personnel soignant des armées, mais aussi le raffermissement du partenariat civilo-militaire dans le domaine de la recherche sur la santé. Il a appelé à la mise en place d’une convention hospitalo-universitaire entre la DCSSA et l’Université des sciences techniques et de technologies de Bamako, la mise en place d’un partenariat avec les ministères de la Défense et de la Santé sur l’utilisation du personnel qualifié des armées qui sera à l’avantage des usagers de service de santé publique. Selon lui, ces journées permettront de former nos personnels, de les recycler, de procéder à des recherches pour servir notre armée et notre pays.

Il a mis l’accent sur les douloureux évènements du Nord qui ont permis de constater qu’: ‘’un soutien de santé à hauteur de souhait galvanise la troupe, rassure les parents des combattants quant à leur pris en charge’’. Le colonel-major Fau a ajouté qu’un service de santé compétant avec un plateau technique efficient est un facteur de succès pour les missions des FAMa. Il espère sur la Loi d’Orientation et de programmation militaire qui prévoit la création d’un hôpital militaire, la reconstruction et la rénovation des infirmeries de garnison qui deviendront des centres médicaux des garnisons et le rehaussement du plateau technique.

Au cours de ces journées le ministère de la Santé a remis un important lot de matériels médicaux au Ministère de la Défense et des anciens combattants pour l’équipement de l’infirmerie de garnison de Tombouctou.

Le ministre de la Défense et des anciens combattants, Tiéman Hubert Coulibaly qui a présidé la cérémonie d’ouverture a, avant de déclaré ouvert ces 3èmes journées, annoncé la mort de 2 soldats français qui ont succombé à leurs blessures lors de l’explosion d’un engin explosif au passage de leur vehicule près de Tessalit. Il a annoncé que la réalisation de l’hôpital militaire à hauteur de 7 milliards de FCFA est programmée. Il a assuré le DCSSA et les participants de tout son soutien. Il a aussi annoncé l’acquisition prochaine d’un premier hélicoptère (Super Puma) avec des capacités d’évacuation sanitaire et un 2ème Casa 295 qui sera livré bientôt.

Les deux premières journées ont été consacrées au développent du thème central et des sous thèmes. Quant à la 3ème journée, elle s’est articulée autour de la présentation des rapports d’activités des différentes structures de soins des armées et la création de la société malienne de médecine militaire. Il s’agit là d’une société savante, cadre propice pour la formation continue du personnel, de la recherche, mais aussi un véritable outil d’aide à la décision.

Pour le Médecin Lieutenant-colonel Ousmane Ly, membre du Comité d’organisation de ces journées, les objectifs ont été atteints, car il y’a plus d’une trentaine de communication scientifique et 20 conférences de haut niveau. Il en appelle aux soutiens tant financiers que matériels des autorités militaires.

Sgt Malamine TANGARA

AUDIENCE À KOULOUBA : DR. URSULA VON DER LEYEN RÉAFFIRME LE SOUTIEN DE L’ALLEMAGNE AU MALI

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, a accordé une audience cet après-midi au ministre allemand de la Défense, Dr. Ursula Von Der LEYEN.
Dr. LEYEN était porteuse de bonne nouvelle puisqu’elle est venue réaffirmer au Chef de l’Etat l’engagement de la République Fédérale d’Allemagne aux côtés du Mali dans la mise en œuvre du processus de paix.
Dr. LEYEN est surtout venue annoncer au Président IBK la décision de son pays de renforcer son effectif au sein de la MINUSMA et de l’EUTM. Cette décision va se traduire notamment par l’envoi de 650 soldats supplémentaires.
L’Allemagne déploiera également dans notre pays des drones de surveillance pour renforcer le dispositif de sécurité.
Cette décision concrétise, à n’en pas douter, la volonté affichée par le Président allemand, lors de sa visite dans notre pays, d’accompagner le Mali dans sa quête de paix et de stabilité.
C’est un Président IBK particulièrement heureux qui a accueilli toutes ces bonnes nouvelles dont la mise en œuvre contribuera à renforcer les efforts en cours dans le sens de plus de sécurité et de stabilité.
Le Chef de l’Etat a l’engagement de l’Allemagne aux côtés du Mali et chargé Mme LEYEN de transmette ses sincères remerciements à son r son homologue ainsi qu’au peuple allemand pour ce soutien fort appréciable. Le Ministre allemand de la Défense séjourne dans notre pays dans le cadre d’une visite de 72h qui la conduira à Gao où elle y rencontrera les éléments du contingent allemand.
Source : Service Communication Présidence