679è réunion de l’Union Africaine

La Situation Sécuritaire au Mali revisitée

Le conseil de paix et de Sécurité de l’Union Africaine a tenu le 13 Avril 2017 à Addis-Abeba en Ethiopie sa 679é réunion. Le général de brigade M’Bemba Moussa Keita chef d’état-major général adjoint des armées était présent à ce grand rendez-vous.

Cette 679è réunion conseil de paix et de Sécurité de l’Union Africaine s’est montrée particulièrement préoccupée par la situation que vit notre pays.

C’est d’ailleurs pourquoi, le conseil a exprimé toute sa fierté au Président Ibrahim Boubacar Keita pour son engagement inlassable en faveur de la paix et de la réconciliation au Mali. Il félicite le chef de l’Etat pour les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de l’Accord, en particulier la mise en place des autorités intérimaires dans toutes les régions du Nord du Mali et la tenue de la Conférence d’Entente Nationale.

Le Conseil trouve nécessaire pour les parties maliennes de redoubler d’efforts, afin de permettre une accélération significative du processus de mise en œuvre de l’Accord.

Malgré Ces avancées citées plus haut la 679è réunion exprime sa profonde préoccupation face à la multiplication des attaques terroristes non seulement au Nord du Mali, mais également dans la partie centrale du pays, ainsi que dans d’autres pays de la région notamment le Nord du Burkina Faso et l’Ouest du Niger. Réitère sa ferme condamnation de tous les actes terroristes visant les populations civiles innocentes, les forces maliennes et les forces internationales présentes au Mali, en particulier celles de la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) ;

La réunion dit soutenir les  efforts de la MINUSMA, apprécie tous les pays contributeurs de troupes, pour les énormes sacrifices consentis dans l’accomplissement de son mandat aux termes de la résolution 2295 (2016), malgré les défis liés à l’environnement difficile et au déficit en ressources humaines et matériels auxquels la mission est confrontée ;

La rencontre a évoqué l’impérieuse nécessité de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité du Mali, tant en terme de formation que d’équipement, en vue d’une meilleure prise en charge, au niveau national, de l’effort de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Dans les différentes conclusions du forum les participants ont loué les efforts déployés par les pays de la région dans le cadre du Processus de Nouakchott, ainsi que dans le contexte du G5 Sahel, dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, conformément à la Stratégie de l’UA pour la région du Sahel et la Stratégie intégrée des Nations-Unies au Sahel. A cet égard, le Conseil a demandé une fois encore, de mutualiser l’ensemble des initiatives visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne.

La session a rendu un hommage mérité aux chefs d’Etats des pays membres du groupe du G5 Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, pour leur engagement constant, la solidarité et les sacrifices consentis en vue de la promotion de la paix et de la sécurité dans cette partie du Sahel

Les participants se sont félicités de la résolution 00-01, adoptée le 6 févier 2017 par les chefs d’Etats du G5 Sahel, réunis en Sommet ordinaire à Bamako, et par laquelle ils ont convenu de la mise en place immédiate de la Force conjointe du G5 Sahel.

 En appui aux efforts des Etats membres du G5 Sahel, et en réponse à la requête formulée par le Président du Conseil des Ministres du groupe du G5 Sahel sur la base de la résolution citée plus haut, le conseil décide :

De prendre note du Concept d’Opérations stratégiques de la Force conjointe du G5 Sahel, et endosse le CONOPS stratégique et autorise le déploiement de la Force conjointe du G5 pour une période initiale de 12 mois renouvelable et un effectif pouvant aller jusqu’à 5 000 personnels, avec des composantes militaire, civile et de police, avec les éléments suivants dont il convient de tenir compte :

  • Participation d’éléments civils et de police dans la mission pour accomplir les tâches liées, en particulier, au respect des droits de l’homme et du droit humanitaire, ainsi qu’à la protection des populations civiles,
  • Expliciter les relations de soutien mutuel entre la Force conjointe du G5 Sahel et la MINUSMA et les forces internationales en présence dans la région,
  • Faire référence aux dispositions pertinentes du Protocole relatif à la création du CPS et l’APSA, ainsi qu’à la stratégie de l’UA pour la région du Sahel, qui déterminent le cadre dans lequel s’inscrit la force conjointe du G5.
  • L’élaboration du plan de mise en œuvre détaillé du CONOPS stratégique, avec un cadre général de coopération avec les pays non-membres du G5, en particulier ceux du processus de Nouakchott, afin de donner un prolongement et d’apporter un soutien à l’action de la Force conjointe dans les couloirs extérieurs à la juridiction du G5 Sahel.

Il est attendu le déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel pour accomplir le mandat ci-après :

  • Combattre le terrorisme, le trafic de drogue, les trafics d’êtres humains, en vue de créer un environnement sécurisé en éradiquant l’action des groupes armés terroristes et d’autres groupes criminels organisés, afin de restaurer la sécurité et la paix conformément au droit international ;
  • Contribuer au besoin à la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour des personnes déplacées ou réfugiées ;
  • Contribuer à la mise en œuvre des actions en faveur du développement dans l’espace du G5 Sahel.

Invite le Conseil de sécurité des Nations-Unies, dès réception du présent communiqué et du CONOPS visé au paragraphe 11 ci-dessus, à adopter d’urgence une décision qui, conformément à la requête formulée par les Etats membres du G5 Sahel,

Autorise le Secrétaire général à identifier le mode d’appui financier et logistique durable et prévisible à apporter à la Force, y compris à travers la MINUSMA

Appelle enfin à la mobilisation d’un appui international en faveur de la Force conjointe du G5 Sahel et d’autres initiatives connexes de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transnationale au Sahel ;

Invite  la Commission à apporter tout l’appui technique nécessaire au Secrétariat du G5 pour la finalisation rapide du plan de mise en œuvre du CONOPS stratégique et des autres documents y relatif, en vue de faciliter le déploiement, dans les meilleurs délais possibles, et la gestion efficace de la Force conjointe du G5 Sahel ;demande au Président de la Commission de transmettre le présent communiqué au Conseil de sécurité des Nations-Unies et aux autres partenaires de l’UA, pour requérir leur soutien et leur action, en tant que de besoin.