EUCAP invite un magistrat à la formation « Directeur d’enquête »

Le 20 avril, un magistrat de la Cour d’appel de Bamako a été invité à échanger avec un groupe
d’Officiers de Police Judiciaire (OPJ), composé de sept policiers et sept gendarmes. Cette rencontre
était organisée par la mission EUCAP Sahel Mali dans le cadre d’une formation d’experts « Directeur
d’enquête ».
L’intervention du magistrat Karamoko DIAKITE, Substitut Général près la Cour d’Appel de BAMAKO,
était très appréciée par les stagiaires de la Police Judiciaire (PJ). La Police Judiciaire constitue l’un des
rouages indispensables de la procédure pénale : travaillant sous le contrôle des magistrats, elle est
chargée de la mise en œuvre concrète de l’enquête. Les Officiers de Police Judiciaire peuvent entre
autres constater des infractions, en rechercher des auteurs, rassembler les preuves, préparer des
procès-verbaux. Les personnes spécialement désignées « Directeurs d’enquête » sont chargées de
conduire ces enquêtes de PJ. Les hommes – et une femme – en uniforme composant la classe, ont
posé beaucoup de questions au magistrat Karamoko DIAKITE, et ont partagé quelques difficultés
auxquelles ils font face au quotidien.
« Selon la loi, celui qui a effectué l’acte d’enquête doit signer le procès-verbal », a confirmé le
magistrat. Cette réponse était liée au constat des stagiaires qu’en réalité ce sont les commandants de
brigade ou les commissaires de police qui signent les P.V., et pas les officiers qui accomplissent et
rédigent effectivement les actes. Le manque de capacité matérielle et technique a également été
abordé. Policiers ou gendarmes, inspecteurs ou adjudant-chefs, tous se sont prononcés pour plus de
contact direct avec les procureurs. L’organisation des rencontres entre les OPJ et les Procureurs a été
évoquée.
Le magistrat DIAKITE a fait savoir que ces échanges pourraient participer aux changements
nécessaires pour garantir le bon fonctionnement de la procédure et un renforcement de la chaîne
pénale. Il a qualifié l’échange d’une grande importance : « Je suis content qu’eux-mêmes soient
conscients de leur rôle de directeur d’enquête – y compris leurs droits qui viennent avec – mais ça
nous a aussi permis de savoir que les OPJ ne jouissent pas toujours de la plénitude de leurs
enquêtes », a-t-il ajouté.
A travers les initiatives de ce genre, la mission EUCAP Sahel Mali invite les différents acteurs du
secteur de la sécurité et de la société civile à se rencontrer et à mieux se connaitre. Pour les
formateurs de la mission EUCAP, les échanges parfois passionnés auxquels ils ont assisté à l’occasion
de cette rencontre témoignent de l’engagement professionnel d’un bon nombre de policiers et de
gendarmes, Officiers de Police Judiciaire, de leur volonté de voir le système évoluer vers une
pratique plus moderne de leur métier. Celle qui leur permettrait d’assumer pleinement les
responsabilités que leur confie la loi, faisant d’eux de véritables acteurs de la chaîne pénale,
jouissant d’initiative et bénéficiant de la confiance, tant de leur hiérarchie propre que de l’autorité
judiciaire