La nation malienne a rendu un dernier hommage au colonel Ousmane Coulibaly

La cérémonie funèbre du Colonel Ousmane Coulibaly, ancien chef d’état-major général des armées, a eu lieu ce jour lundi 24 décembre 2018 à la place d’armes du génie militaire sous la présidence du chef de l’Etat, son excellence Ibrahim Boubacar Keita.

Décédé le samedi 22 décembre 2018, le Colonel Ousmane laisse derrière lui des épouses, des enfants, des amis, des camarades des forces de défense et de sécurité de tout grade, d’hier à aujourd’hui, inconsolables. Le grand serviteur du pays, le Colonel Ousmane Coulibaly était une référence pour la nation malienne en général et la jeune génération de l’armée malienne en particulier.

Né le 21 octobre 1938 à Koulikoroba, fils de feu Sékou Coulibaly et de feue Aminata Singaré, le colonel Ousmane Coulibaly a été attiré par le métier des armes le 21 octobre 1956. Dynamique et volontaire, le colonel Ousmane Coulibaly a obtenu le CAT1 et a été nommé caporal à compter  du 21 mars 1957 par ordre du corps N°8 en date du 23 février 1957 et la même année Caporal-Chef à compter du 21 juin 1957 suite à l’obtention du CAT2 colonial de mai 1957 par ordre du corps N°20.

Affecté au bataillon autonome du Sahel à Nioro du Sahel en septembre 1957, il est nommé au grade de sergent pour compter du 1er avril 1958 par ordre du corps N°11 du 5 avril 1958. Le jeune sergent Ousmane Coulibaly déterminé à servir son pays, délaisse avec nombre de ses camarades du Soudan français une prometteuse carrière de futur officier dans l’armée française et sera transféré à l’armée malienne en référence à l’avis N°2099/CEM/1/161 du 13 septembre 1961 et affecté à la première compagnie de Kati. Il n’a cessé de contribuer de façon remarquable au devenir de l’armée malienne garante de la souveraineté du jeune Etat.

Dans sa riche et brillante carrière,  feu colonel Ousmane Coulibaly  a occupé successivement des fonctions militaires et civiles notamment chef d’arrondissement de Tessalit et commandement militaire, commandant de la zone N°3 de Kati, chef d’état-major de l’armée de terre et chef d’état-major général des armées.

Chef du bureau de la commission de défense et de sécurité du bureau exécutif central de l’UDPM la même année. Ce brillant cheminement est résultante d’un cursus complet de formation de qualité, entre autres, école du parti en Union Soviétique, école d’état-major en France, Académie des blindés en Union Soviétique et l’école de guerre en France.

Durant sa carrière, les multiples distinctions honorifiques nationales ainsi qu’étrangères qui lui sont décernées témoignent de la qualité et de l’exemplarité des services rendus à la nation aujourd’hui reconnaissante. Chevalier de l’ordre national en novembre 1971, officier de l’ordre national en septembre 1979, commandeur de l’ordre national 2016, grand maître de l’ordre national du Lion du Sénégal en mai 1990 et le chef suprême des armées vient de nommer l’illustre disparu au grand officier de l’ordre national du Mali à titre posthume.

Ayant atteint la limite d’âge requise et accompli maints sacrifices aux services de la nation, il a fait valoir ses droits à la retraite le 31 décembre 1994.

Ce parcours n’est pas le fruit du hasard. Au plan militaire tout le monde reconnait au Colonel Ousmane Coulibaly un soldat patriote, un chef militaire cultivant l’excellence, exigeant, payant de sa personne mais aussi soucieux de ses camarades de classes, de ses subordonnées et de sa famille sans discrimination. Son patriotisme intransigeant mettait le Mali et ses forces armées au-dessus de tout. Avec lui on allait au-delà de la discipline. On était dans l’autodiscipline et la disponibilité totale pour le don de soi, le sacrifice. Il l’a prouvé car, quelques heures avant sa mort brutale, il assistait à la sortie d’une promotion de la garde nationale et quelques semaines auparavant il avait été le porte-parole de nos chers anciens pour affirmer solennellement au ministre de la défense et des anciens combattants la disponibilité sans faille à répondre présent à l’appel des FAMa.

Selon les témoignages du Chef d’état-major général des armées au grand chancelier des ordres nationaux, l’homme était reconnu pour sa sagesse, sa piété, son humilité et son implication dans la vie de la communauté. Il était ainsi un des notables appréciés de N’Tomikorobougou. Chacun pouvait bénéficier de son aide et de ses conseils précieux. Il faisait en sorte qu’avec lui chacun se sentait important.

Au plan familial c’était l’ainé respecté et aimé de sa famille et de ses parents alliés. Il émanait de lui une autorité morale acceptée et désirée car chacun le savait capable d’un don de soi absolu pour aller dans le sens du bonheur de la famille.

SCH Aly I Maïga