Le Mali pleure Seydou Badian Kouyaté

L’homme politique malien, le Dr Seydou Badian Kouyaté rejoint sa dernière demeure ce jeudi 3 janvier 2019 au cimetière de Niaréla. Mais avant tout le Mali avait retenu son temps et son attention pour ce grand homme qui a marqué les 58 ans de notre pays indépendant. Du boulevard de l’indépendance et en direct sur le petit écran. L’émotion était forte, malgré ses 90 ans personne n’a accepté ce départ en témoigne les propos du chef de l’Etat qui a hautement présidé la cérémonie funéraire. Elevé à titre posthume au grade de grand officier de l’ordre national du Mali plusieurs pays ont témoigné les hauts faits de l’homme.

L’écrivain poète, romancier, Seydou Badian Kouyaté, de son patronyme Traoré Noumboina, naquit le 10 avril 1928 à Bamako. Il est décédé le 28 décembre 2018. Il a marqué d’une pierre blanche son passage ici sur terre par des apports intellectuels d’une préciosité qui n’a d’égale que son amour pour la patrie. Jour pour jour il y’a deux ans il perdit son épouse. Et voilà que comme elle il rejoint la dernière demeure le même 3 janvier comme son épouse.

Son parcours atypique fait de lui l’homme de l’Afrique tout entière. Après de brillantes études de médecine à l’Université de Montpellier en France, où il soutient une thèse sur les traitements africains de la fièvre jaune, il regagne la terre natale en 1956.

Militant de première heure de l’Union Soudanaise-Rassemblement  Démocratique Africain (US-RDA) et proche du premier président Modibo Kéita, il devint à l’indépendance du pays Ministre de l’économie rurale et du plan, puis Ministre du développement  en 1962.

Lors du coup d’Etat de 1968, il est arrêté et déporté à Kidal. Il s’exila plus tard à Dakar au Sénégal avant de retourner au pays natal.

Rappelons que le Dr Seydou Badian  est l’auteur de l’hymne national « Pour l’Afrique et pour toi, Mali », du chant national des  pionniers « C’est le jour de l’Afrique ».

Seydou Badian apparait aujourd’hui comme l’un des meilleurs écrivains contemporains, non pas à cause du Grand prix littéraire d’Afrique noire qui couronna son essai intitulé « les dirigeants africains face à leur peuple », mais par ce qu’il s’est distingué par la qualité de son écriture.

Le mérite lui revient d’avoir su renouveler l’esthétique littéraire, à travers une série de romans d’une richesse et d’une profondeur rarement égalées notamment, Sous l’orage (1953 et 1957), Le sang des masques (1976), La saison des pièges (2007).

Son nom restera gravé en lettres d’or dans l’esprit de ses compatriotes et dans les annales de l’histoire.

Dors en paix Seydou Badian !

                                        2ème Cl Djénèbou dite Mah Diakité

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